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Alors que l’on croit saisir d’un regard d’opticales peintures, où vibre la trame géométrique, les œuvres de Jérôme Jasinski biaisent rapidement la 2D que l’on a cru appréhender. Les bas-reliefs de l’artiste se sont en effet joués de l’œil. Celui-ci comprend alors la fantaisie mouvante que lui offre le truchement cinétique exclusivement estampillé 3D chez l’artiste. Les proéminences sont faites d’éléments de bois de diverses longueurs, largeurs et épaisseurs, certes peints au pistolet pour un effet impeccablement lisse où aucune aspérité n’est acceptée, et assemblés selon un schéma optique où ondoie l’assemblage précisément construit.Plus récemment, des cylindres de fils de maïs conçus par une imprimante 3D, teintés dans la masse, sont apparus sur le support de bois, rendu illusoirement métallique, faisant irradier les formes rondes comme si celles-ci étaient habitées d’une lumière intérieure. Depuis une dizaine d’années, Jérôme Jasinski construit ses bas-reliefs dans son atelier – endroit qui auparavant lui servait à pratiquer l’ébénisterie – les pieds dans la sciure lors de la découpe, puis les mains dans la cabine de peinture où il pistole avec patience les dizaines de petites pièces de bois qu’il enduit de blanc, de noir, de bleu, de rouge, de jaune, dans des dégradés de teintes minutieusement élaborés. Le hasard de la forme ou de la couleur n’a pas sa place dans les constructions d’une élégante rigueur de l’artiste, gage de la réussite de l’illusion cinétique qu’il a décidé d’atteindre. Caroline Bricmont

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